Comment gérer une tempête émotionnelle lorsqu’on sait d’avance qu’elle va arriver ?
- Caroline Golitin
- 17 juin
- 4 min de lecture
Dernière mise à jour : 28 juin
Aujourd’hui, je l’attendais.
Hier soir, ses cousins et cousines sont venus passer la soirée et la nuit avec elle. L’excitation était à son comble depuis l’avant-veille.
Alors à leur arrivée : une petite chute de l’excitation, remplacée par un peu de stupéfaction, un temps d’observation, de remise en lien… Cela faisait un moment qu’ils ne s’étaient pas vus.
Puis très vite, c’est reparti : les retrouvailles, les rivalités, le partage, les rires, les cris, les pleurs, les disputes, les envies, les moments de complicité, les bêtises programmées, l’engrenage mutuel… Bref, la vie entre cousins et cousines quoi 🥰
De mon côté, je suis émue de les revoir, de partager, d’entendre leur joie. Parfois aussi agacée quand les cris deviennent trop forts, trop nombreux, ou quand la fatigue me donne juste envie de calme et de repos plutôt que de bruit et de sollicitations incessantes.
Et en même temps, en dehors de certains moments, ils se suffisaient presque à eux-mêmes : ils jouaient ensemble, se stimulaient mutuellement, se nourrissaient les uns des autres… au point d’en oublier presque la présence des adultes.
La nuit, les trois plus grands, après une histoire, des rires et un petit rituel pour s’endormir, se sont assoupis tranquillement et paisiblement. Ils ont passé une bonne nuit.
En revanche, la plus petite était encore réveillée à minuit.

Fatigués l’un et l’autre, son père et moi cherchions comment l’apaiser : comment répondre à cette demande de stimulation à la fois intellectuelle, motrice et émotionnelle, alors que notre propre fatigue augmentait.
Son papa a finalement repris le rituel du petit tour en voiture pour l’aider à s’endormir.
Forcément, le matin, les plus grands étaient réveillés depuis 6h : ça jouait, ça chahutait, ça riait, ça criait, ça chantait, ça dansait, ça courait… Bref, ça vivait pleinement en tant qu’enfants.
Pendant ce temps-là, la plus petite et nous-mêmes étions encore en train de dormir… ou du moins d’essayer 😅
La matinée se passe pourtant très bien : nous sortons la petite piscine et les jeux d’eau. Tout le monde est à son comble, parce que l’eau, c’est la vie autant pour les grands que pour les petits !

Puis arrive ce fameux moment… celui où ils vont devoir partir.
Les parents sont là. Mon aînée commence déjà à négocier : demander si les parents peuvent repartir sans leurs enfants afin qu’ils restent encore un peu avec nous. Évidemment, la réponse est prévisible : non, ils repartent bien ensemble.
Et là… la tempête débute.
Au départ, cela commence par le refus de dire au revoir, quelques chouinements, des disputes avec sa sœur pour des broutilles.
Puis viennent les larmes et les cris.
Elle demande, à sa façon, à être rassurée : un biberon, une histoire… tout en pleurant sans réussir à s’arrêter.
Cette détermination absolue que sans histoire, elle ne boira pas son biberon 😅
Elle est fatiguée. L’heure de la sieste est dépassée depuis déjà plus de 45 minutes.
Elle lutte. Avec ses cris. Avec ses larmes. Avec ses émotions.
Elle accepte les câlins, alterne entre les bras de papa et maman, puis entre l’envie d’être contre sa sœur… et celle de la repousser.

Sa petite sœur, elle aussi, se met à pleurer et à crier. Elle ressent toute l’intensité émotionnelle du moment et l’amplifie à sa manière.
Finalement, elles acceptent chacune leur biberon dans les bras d’un parent, évidemment accompagné d’une histoire… puis deux 😅
Elles tentent de négocier encore : plus d’histoires, plus de biberon…
Mais le cadre a été posé : une histoire par enfant, pas plus. Et maintenant, place au repos.
Je m’allonge près d’elle. Elle s’endort en moins de trois minutes.
Sa petite sœur, elle, s’était aussi apaisée. N’ayant pas vécu la séparation avec les cousins de la même manière, elle n’a finalement plus envie de dormir et repart jouer avec son père, retrouvant doucement son calme au même rythme que sa grande sœur.
Cela pourrait s’arrêter ainsi… mais ce serait trop beau, n’est-ce pas ? 🤣
Parce qu’il y a ensuite les imprévus : au réveil, d’autres visites. Mais cette fois, des adultes.
Donc moins d’interactions entre enfants… et davantage de demandes d’attention.
Deux possibilités alors :
Soit les adultes sont disponibles émotionnellement, apportent chacun leur tour de l’attention, et tout reste relativement stable.

Soit les adultes restent entre adultes, demandent aux enfants d’aller jouer “dans leur coin”, répondent peu à leurs sollicitations… et là, une nouvelle tempête commence à monter, s’accumuler, jusqu’à parfois déborder sur la nuit.
De mon côté, le fait de connaître mes enfants, leur sensibilité… et la mienne, me permet aujourd’hui - car ce n’était pas le cas au début - de mettre suffisamment de distance pour accueillir les cris et les pleurs sans être entièrement traversée émotionnellement.
Néanmoins, cela dépasse parfois quand même mes limites auditives, sensorielles, tactiles et vibratoires.
Et ma colère existe malgré tout.
Je la verbalise. Mon mari aussi.

Chacun indique quand ses limites sont dépassées.
Et finalement, cela permet aussi à nos enfants de faire de même.
En retour, je sais davantage : à quel moment je dois m’apaiser, à quel moment m’éloigner, à quel moment il prend le relais, à quel moment c’est moi qui le prends, et à quel moment il faut tous se retrouver pour recréer un moment de douceur et de complicité.
Mais ce moment-là ne peut arriver qu’après un vrai temps de décharge émotionnelle.
Ni trop long. Ni trop court.
Et ça… ce n’est pas évident à mesurer avec une horloge.
C’est davantage un ressenti. Un moment où il faut être à l’écoute de la vague émotionnelle… et sentir quand elle commence enfin à redescendre.
C’est là qu’il faut doucement l’accompagner vers l’apaisement.
Finalement, écrit comme ça… je dirais que c’est tout un art 🤣
Et comme dans tout art : il y a la théorie, puis la pratique, la pratique, la pratique, la pratique…
L’écoute de soi, l’écoute de son environnement…
Et franchement ?
Il n’y a que la pratique qui fait vraiment ses preuves 🤣
Les Chroniques de la Porte
Par Caroline LAO
@Solaria



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