La découverte d'un village tout autour de moi : porter et être portée.
- Caroline Golitin
- 28 juin
- 3 min de lecture
Il se passe quelque chose de bizarre.
Depuis quelques mois… enfin, en étant honnête, depuis bien pl
us longtemps que ça, les gens apparaissent au bon moment.
J'avais déjà observé ce phénomène à plusieurs reprises dans ma vie. Mais là, on est passé à un autre niveau. Ce n'est pas forcément spectaculaire ou "incroyable" au sens où on l'entend habituellement. C'est simplement... d'une justesse presque déroutante. Comme si les pièces d'un puzzle se mettaient en place exactement quand j'en ai besoin.
La veille au soir, je dis à mon mari que je suis épuisée.
Vraiment épuisée.
Je ne vois pas comment je vais réussir à emmener les filles au poney le lendemain. Et pourtant, j'ai tellement envie qu'elles puissent continuer cette activité qu'elles aiment.
Le lendemain matin, il part travailler.
Personne n'est disponible. Enfin... personne dans mon entourage proche. Chacun travaille, chacun a ses obligations. Bref, je ne vois pas de solution.

Et là, une amie reçoit un recommandé... à mon nom... chez elle.
Oui oui, chez elle. 😄
Elle passe donc me l'apporter. Je l'invite dans ma "grotte". C'est ma fille aînée qui l'accueille et l'emmène jusqu'à moi. Immédiatement, le courant passe entre elles. Elles jouent, elles rient, elles s'amusent.
Au bout d'un moment, je la vois faire le cheval avec mes filles. Elles sont mortes de rire, perchées sur son dos.
Et là, petit flash.
J'ose lui poser une question.
« Dis-moi... Est-ce que, par hasard, tu serais disponible cet après-midi pour accompagner les filles au poney ? »
Elle me répond qu'elle a de l'administratif à faire... puis ajoute que, finalement, avec les horaires, oui, c'est tout à fait possible.
Incroyable.
Me voilà avec une personne de confiance qui emmène mes filles au poney... pendant que, de mon côté, je peux enfin me reposer.
Je me suis alors rendu compte de quelque chose.
Les gens apparaissent.
Ou peut-être qu'ils étaient déjà là, et que je commence seulement à oser les voir.
J'ose demander de l'aide à l'univers.
Puis j'ose demander de l'aide aux personnes que l'univers met sur mon chemin.
Je trouve ça fascinant.
Parce que j'ai passé une grande partie de ma vie à accompagner les autres.
À les aider, à repérer leurs ressources.
À leur montrer les petites portes qu'ils n'osaient pas franchir.
À leur apprendre qu'ils n'étaient pas seuls.
Et bien sûr... à leur dire qu'ils pouvaient demander de l'aide.
Il aura fallu trois grossesses pour que j'applique vraiment ce principe à moi-même.
Et franchement...
Ce n'était pas gagné.
Chaque grossesse m'a appris quelque chose.
La première m'a ouvert une porte.
La deuxième m'a appris à appeler à l'aide.
La troisième m'apprend à demander de l'aide.
Pour de vrai.
Elle m'oblige à mettre en pratique tout ce que j'ai observé, étudié, transmis pendant des années.
Mon savoir-faire.
Mon savoir-être.
Mes propres conseils.
Et je découvre enfin ce qu'est réellement un village.
Pas celui dont on parle dans les livres.
Pas celui des jolies citations.
Un vrai village.
Celui où chacun apporte quelque chose.
Celui où personne n'a besoin de tout porter.
Celui où chacun peut donner selon ses possibilités.
Celui où recevoir devient aussi naturel que donner.
Celui où l'on ose dire : « Aujourd'hui, je ne peux pas. »
Et où quelqu'un répond simplement : « Ne t'inquiète pas, aujourd'hui, je peux. »

Je crois que c'est ça qui me bouleverse le plus.
Découvrir que demander de l'aide ne retire rien à ma force.
Au contraire.
Cela permet à chacun d'exprimer la sienne.
Et depuis que je commence à vivre cela... je ressens une gratitude immense.
Chaque jour un peu plus.
Les Chroniques de la Porte
Par Caroline LAO
@Solaria



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