Pourquoi est-il si difficile de demander de l'aide... avant d'aller mal ?
- Caroline Golitin
- 3 juil.
- 3 min de lecture
Hier, j'ai vécu une journée assez exceptionnelle.
Pas parce qu'il s'est passé quelque chose d'extraordinaire.
Mais parce que, pour la première fois, j'ai accepté d'anticiper et de demander de l'aide avant d'être au bout de mes limites.
Je savais que ce vendredi allait être compliqué.
Tout le monde travaillait. Je serais seule avec mes deux filles. Ma grossesse avance, la fatigue est de plus en plus présente, et je savais déjà que cette journée me demanderait plus que ce que je pouvais donner.
Alors, deux semaines avant, j'ai envoyé un message à une amie.
Je savais qu'elle travaille, qu'elle a trois jours de repos par semaine, mais que ceux-ci changent régulièrement. Je lui ai simplement demandé si, par hasard, elle pouvait être disponible ce vendredi-là. Si ce n'était pas possible, ce n'était pas grave. Mais si ça l'était, est-ce qu'elle accepterait de venir passer la journée avec nous ?
Elle m'a répondu immédiatement :
« Pas de souci, je serai là. »
Et quelque chose d'étonnant s'est produit.
Le simple fait de savoir qu'elle allait venir m'a apaisée.
Depuis le début de la semaine, je me sentais déjà plus détendue.
Puis, de jour en jour, cette sensation grandissait.
La veille, j'étais vraiment sereine.
Et le vendredi matin, lorsque ma mère, Jérémy et tout le monde sont partis travailler, je me suis rendu compte que... j'étais incroyablement calme.
Elle est arrivée vers 9 heures.
Les filles sont allées l'accueillir.
Elles la connaissaient déjà, mais ce jour-là, quelque chose de particulier s'est passé. Elles sont littéralement tombées en amour pour elle. Elles ont passé une matinée formidable toutes les trois.
Pendant ce temps-là, j'ai pu me reposer.
Le matin.
Puis l'après-midi.
Et c'était exactement ce dont j'avais besoin.
Mais ce qui est fascinant, c'est que cette aide a ouvert bien plus qu'une simple possibilité de repos.
J'avais l'impression d'avoir ouvert un immense couloir de bonheur.
Parce que pendant qu'elle était avec les filles, Jérémy a vu plusieurs consultations annulées. Il a pu avancer sur la comptabilité et sur d'autres dossiers qui attendaient depuis longtemps.
Puis finalement, c'est lui qui a pu accompagner Lounashan à son dernier cours de poney.
Elle était aux anges.
Elle a pu montrer à son papa tout ce qu'elle savait faire.
Jamais cette journée n'aurait pu s'organiser ainsi sans cette aide demandée deux semaines plus tôt.
Et ce n'était pas terminé.
Le soir, nous recevions notre doula et son apprentie, qui nous accompagneront pour notre prochain accouchement.
Pendant que nous disions au revoir à notre amie, elles sont arrivées discrètement.
Lorsque nous sommes revenus vers la maison...
La table était dressée.
Le repas était prêt.
Tout était magnifique.
Elles nous ont simplement dit :
« Le but, c'est que vous n'ayez plus qu'à mettre les pieds sous la table. Zéro stress. »
Et là... réussite mille pour cent.
Je ne sais même pas comment décrire cette sensation.
Je me suis sentie honorée.
Honorée en tant que femme.
Honorée en tant que maman.
Honorée en tant que femme enceinte qui accueille la vie.
Et Jérémy partageait exactement le même ressenti.
Nous étions profondément touchés.
Nous les avons remerciées avec une immense gratitude.
Mais ce qui m'a peut-être le plus marquée dans cette journée, ce sont deux phrases.
Mon amie m'a dit que voir notre façon de vivre, de fonctionner en famille, de voir nos filles, notre couple... lui avait redonné de l'espoir.
Elle voit beaucoup de couples qui ne vivent pas la parentalité comme elle aimerait la vivre.
Et en passant cette journée avec nous, elle s'est dit :
« Ah... donc ça existe. »
Elle est repartie nourrie d'espoir pour son propre rêve de famille.
Et les doulas, de leur côté, nous ont dit qu'elles se sentaient honorées de notre accueil.
J'ai trouvé ça magnifique.
Parce que toute la journée, j'avais eu l'impression d'être celle qui recevait.
Et pourtant...
Tout le monde semblait avoir reçu quelque chose.
C'est là que j'ai compris quelque chose.

Je croyais que demander de l'aide servirait uniquement à me soulager le vendredi.
En réalité...
Je me sentais déjà apaisée depuis le jour où j'avais demandé cette aide.
Pas depuis qu'elle était arrivée.
Depuis que j'avais osé demander.
Et ça...
C'est complètement nouveau.
Les Chroniques de la Porte
Par Caroline LAO
@Solaria



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